Louange à Allah
Pour pouvoir juger une chose, il faut en avoir une claire conception. De ce
fait, il faut connaître les méthodes et les modalités de la prise des vues
en question.
L’auteur de Risalatou ahkam at-taswir dit :
1/ Prise de vues pour le cinéma ou l’image qui a pour support la bande utilisée
au cinéma.
C’est la bande qui véhicule des images animées accompagnées d’un son pendant
un laps de temps déterminé. Les images couvrent tous les événements et réalités
qui ont eu lieu durant ledit laps de temps. Les images que la bande projette
sur l’écran donne l’illusion non la réalité de l’objet filmé et fixé dans
ladite bande. Dans l’ouvrage intitulé : Ach- Charia al-islamiyya wa al-funoun,
il est dit « le cinéma repose sur l’imaginaire parce qu’il présente des
choses imaginaires non réelles ».
2/ Prise de vues pour la télévision.
Il s’agit de transmettre
instantanément l’image et le son par impulsion électrique, grâce à l’effet
de la lumière reflétée par l’objet filmé sur une plaque de Mica couverte par
une quantité énorme de particules générées par une matière très sensible
à la lumière, qui provient de l’oxyde d’argent et du césium séparé l’un de
l’autre et électriquement isolé.
Cette forme de
prise de vues est opérée grâce à des instruments. S’il est vrai qu’elle ressemble
parfaitement à l’image que produit la bande utilisée pour le cinéma, il est
tout aussi vrai que la prise de vues pour la télé entraîne la conversion des
images en signaux électriques puis en ondes électromagnétiques qui sont ensuite
soit transmises à travers un émetteur pour être captées par les antennes de
réception des appareils de télévision situées dans la zone de couverture,
soit renvoyées vers un appareil qui emmagasine les ondes sous la forme de
variables magnétiques contenues dans une bande plastique enduite d’une substance
magnétique appropriée permettant d’emmagasiner lesdites ondes. Pour que cette
bande puisse être diffusée, il faut, après le stockage des ondes susmentionnées,
qu’on la fasse dérouler sur une tête sensible. Celle-ci en transforme le contenu
une nouvelle fois en électrons puis le transmet à l’écran sous la forme de
signaux électriques qui finissent après une opération complexe par constituer
des images. C’est le téléviseur qui capte les ondes électriques, les rassemble
et les reproduit, organisées sous la forme d’images aux traits complets.
Il existe une autre espèce qui peut être considérée comme une partie de cette
prise de vues. Il s’agit des récepteurs téléphoniques utilisés dans certains
pays industriellement avancés. Ces appareils transmettent et le son et les
images de sorte que chacun des deux correspondants puisse voir l’autre sur
l’écran du poste.
Il en est de même
des appareils montés aux portes des maisons. Ces appareils captent le son
et l’image du visiteur et les affichent sur un écran installé à l’intérieur
de la maison que les occupants de celle-ci peuvent voir clairement. On peut
en dire de même des appareils utilisés pour surveiller les criminels comme
les voleurs et consorts dans les banques, les magasins et ailleurs.
Ces appareils relèvent d’une même espèce utilisée pour divers objectifs. On
y oriente la caméra vers la zone à surveiller et la caméra transmet l’image
à l’écran d’un téléviseur sur lequel elle apparaît clairement. Les jours nous
apportent du nouveau de temps à autre et nous ne savons pas ce que l’avenir
nous réserve. Ceci indique qu’il y a un développement fulgurant dans l’usage
de la photographie automatique sous ses deux formes fixe et animée dans des
domaines et horizons multiples. Font partie de ces secteurs, par exemple,
les domaines industriels, militaire, sécuritaire, éducationnel, médical, social
et autres. Voir Ahkam at-taswir par Ahmad ibn Ali Wassil, 65-67.
Cheikh Ibn Outhaymine a dit : « les images réalisées grâce aux méthodes
modernes comportent deux catégories. La première consiste dans les images
non perceptibles [en dehors des appareils qui les produisent ou les diffusent].
C’est comme ce qui m’a été dit à propos de la prise de vues sur les cassettes
vidéo. Cette catégorie ne fait l’objet d’aucune disposition et elle n’entre
absolument pas dans le cadre de ce qui est interdit.
C’est
pourquoi elle est autorisée par les ulémas qui interdisent les images produits
sur papier grâce aux appareils photographiques. Ils disent qu’il n’y a pas
de mal. Quand on a demandé s’il est permis de filmer les conférences données
dans les mosquées, on a émis l’avis selon lequel il valait mieux s’en abstenir
parce que la scène peut ne pas être approprié et pour d’autres considérations.
La deuxième catégorie consistent dans les images fixées sur papier. Si l’on
veut se livrer à la production de ces images de façon légal, on peut examiner
la question à la lumière des cinq dispositions qui varient selon l’intention
de l’intéressé. Si l’on réalise une image pour un usage interdit, le travail
est alors interdit. Si on le fait pour un but obligatoire, la production est
alors obligatoire. La production des images est parfois nécessaire comme dans
le cas des dessins animés. Si, par exemple, nous voyons un individu entrain
de commettre un crime qui porte sur un droit humain comme l’homicide ou un
acte semblable et ne pouvons le prouver que par une prise de vue, cette opération
devient alors obligatoire. Ceci s’applique plus particulièrement aux questions
qui nécessitent une maîtrise parfaite parce que les moyens y sont assimilés
aux objectifs. Si nous avons recours à ce genre de prise de vues pour rétablir
l’identité d’une personne afin d’éviter que son crime soit imputé à un autre,
cela n’est pas mal. C’est même une exigence. En revanche, si nous produisons
des images (interdites) dans le seul but de nous réjouir, la chose devient
sans doute interdite ». Allah le sait mieux.
Voir Ach. Charh al-mumti, 2/197-199.