38255



Abandonner les obligations parce qu’on a honte devant Allah de s’être enfoncé dans la désobéissance.
Convertie récemment, il a été convenu de me marier avec l’oncle de mon ex-mari. Puis je suis allée vivre au Moyen-Orient avant de retourner enceinte au Canada. Après mon accouchement, les choses se sont gâtées entre nous et nous voulons le divorce. Je ne possède pas de papiers attestant mon mariage, ce qui a retardé le divorce. Je vis avec un autre musulman qui s’occupe de moi et de mes enfants et veut m’épouser. Je n’ai pas parlé à mon mari depuis plusieurs mois ; il m’a utilisée pour avoir une carte de séjour au Canada et ne m’a jamais aidée. Ma question est la suivante: devrais-je jeûner et prier dans ces circonstances ? Je me sens coupable pour les actes de désobéissance auxquels je me livre et la situation dans laquelle je vis. Je sais toutefois qu’Allah connaît mon état et m’aidera moi et mon fiancé à retrouver le chemin droit. Me sentant coupable, je ne peux pas prier car j’ai honte. Que devrais-je faire ? Je me sentirais hypocrite si je me mettais à jeûner et à prier. Ceci me trouble. Je pensais procéder au rattrapage des actes cultuels omis après mon divorce et mon mariage avec la personne avec laquelle j’habite actuellement. Car, dans ce cas, je serais sincère avec moi-même et avec Allah. La personne en question observe le jeûne. Quant à moi, je n’en vois pas l’utilité compte tenu de ma mauvaise conduite en ce moment. J’espère recevoir votre aide.

Louanges à Allah

Nous demandons à Allah de vous montrer la vérité et de vous assister à l’accepter et de vous monter le faux et de vous assister à vous en écarter et de vous raffermir dans la vérité jusqu’à la mort.

S’agissant de ce qui est dit dans votre question, qu’est-ce qui est raisonnablement préférable : commettre une seule faute ou deux ? Tout raisonnable sait qu’il est préférable de se limiter à une seule faute au lieu de deux. Il ne serait pas acceptable de la part du buveur de vin, par exemple, de dire : puisque je bois, laissez-moi forniquer ou tuer ou voler ou faire ceci ou cela !

Chère sœur,

Nul doute que ce que vous faites est interdit. Rester en tête-à-tête avec un étranger vous est interdit. Car le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Chaque fois qu’un homme se retrouve seul avec une femme, Satan devient leur troisième (compagnon) (rapporté par imam Ahmad, 114 et déclaré authentique par al-Albani dans Sahih at-Targhib wa at-Tarhib, n° 1908).

En plus, vous êtes toujours mariée, et, même si votre mari vous a lésée et outrepassé ses droits dans sa manière de traiter avec vous, cela ne vous autorise pas à entretenir des relations coupables avec un autre homme. C’est bien la plus grande trahison. En effet, le Très Haut dit : «Et n' approchez point la fornication. En vérité, c' est une turpitude et quel mauvais chemin! » (Coran, 17 : 32). Allah interdit ainsi le seul fait de se rapprocher de la fornication et de s’adonner à ce qui peut y conduire. Ce qui correspond indubitablement à la conduite que vous êtes entrain de perpétuer.

Aussi vous conseillez-nous de vous repentir devant Allah Puissant et Majestueux et de faire votre examen de conscience et d’accomplir les prières obligatoires, et de jeûner le Ramadan. La désobéissance n’autorise pas l’abandon des prescriptions divines. Car ce serait cumuler les erreurs et doubler les actes de désobéissance, comme nous l’avons déjà expliqué.

Sachez en plus que la pratique de la prière et des actes cultuels d’obéissance constitue un moyen de dissiper les soucis et les troubles. Car le Très Haut dit : «Et cherchez secours dans l' endurance et la prière…» (Coran, 2:45 ) et le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) avait l’habitude, chaque fois qu’il était confronté à une crise, de recourir à la prière » (rapporté par Abou Dawoud, n° 1319 et déclaré bon par Al-Albani).

Il vous serait inutile de cesser de prier maintenant avec l’intention de rattraper les prières plus tard. Car mille rattrapages ne profiteraient à celui qui abandonne un acte cultuel obligatoire délibérément. Or Allah Très Haut dit : « la prière demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.» (Coran, 4 : 103) C’est-à-dire qu’Il lui a donné des heures bien déterminées que l’on ne peut se permettre de ne pas respecter qu’en cas d’excuse.

Décidez-vous dès cet instant à mettre fin à vos liens avec cet homme et à régler le différend vous opposant à votre mari par quelque moyen que vous puissiez utiliser. Si la réconciliation s’avère impossible, accélérez la procédure de divorce et remettez-vous  à observer les prescriptions d’Allah et ses droits. Puisse Allah vous assister à faire le bien. Se référer aux questions n° 9465, 20784 et 20949.


Islam Q&A



 
 
 
 
tous droits réservés au site Islam en questions et réponses ©  1997-2009  : 123.73