Louange à Allah
La victime de la magie
ne doit pas utiliser celle-ci pour se soigner car l’on ne doit pas combattre
le mal par le mal ni la mécréance par la mécréance. Il faut plutôt combattre
le mal par le bien.
Quand le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) fut interrogé à propos de l’enchantement, il dit :
« Il relève de l’œuvre de Satan ». La nushra en question dans
le hadith consiste à soigner l’envoûté par des moyens magiques.
Il n’y a aucun mal à utiliser
le saint Coran, les remèdes autorisés et la bonne exorcisation. Quant à la magie,
son usage (thérapeutique) reste interdit puisque la pratique de la magie implique
l’adoration de Satan. En effet, le magicien apprend et pratique la magie après
avoir adoré les démons et après leur avoir rendu service et s’être rapproché
d’eux grâce à la réalisation de ce qu’ils veulent. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils
lui apprennent ce qui permet d’accéder à la magie
Allah soit loué car rien cependant n’empêche
de soigner l’envoûté grâce à la récitation (du Coran) et au recours à l’usage
de formules de protection légales et de médicaments autorisés, de la même manière
que les différentes maladies sont traitées par les médecins.
Il n’est pas nécessaire
que la guérison s’en suive puisqu’il n’est pas dit que tout malade sera guéri.
Parfois le traitement permet de guérir le malade si le terme de sa vie n’est
pas encore arrivé. Parfois le traitement ne réussit pas et le malade meurt,
même si son médecin était le meilleur et le plus compétent. A l’arrivée du terme
de la vie d’un individu, les remèdes deviennent inefficaces. A ce propos le
Très Haut dit : «Allah cependant n' accorde jamais de délai à une
âme dont le terme est arrivé. » (Coran, 63 : 11). En effet, médecins
et médicaments ne sont efficaces qu’avant l’arrivée du terme de la vie et quand
Allah a décrété que le malade soit guéri.
Il en est de même de l’envoûté.
Il se peut qu’Allah ait prescrit sa guérison comme Il se peut qu’Il ne l’ait
pas fait, pour le mettre à l’épreuve ou pour d’autres raisons que Lui seul connaisse.
L’une de ces raisons peut résider dans le fait que le médecin qui l’a traité
ne maîtrise pas le traitement approprié..
Il a été rapporté de façon
sûre que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « A
toute affection existe un remède et si le bon remède est trouvé, on obtient
la guérison avec la permission d’Allah, le Puissant et Majestueux. Le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Allah n’a pas fait
descendre une maladie sans faire descendre un remède approprié, mais celui-ci
peut être connu ou ignoré ».
Le traitement religieux
de la magie implique la récitation du Coran. On doit réciter plusieurs fois
pour l’envoûté la plus importante sourate du Coran : la Fatiha. Si la récitation
est faite par un récitant vertueux et croyant et convaincu que tout dépend du
décret et du jugement d’Allah et que quand Il dit à une chose sois, elle est..
si la récitation traduit la foi, la crainte (d’Allah) et la sincérité, et si
la récitation est répétée, elle peut mettre fin aux effets de la magie et entraîner
la guérison de l’envoûté, avec la permission d’Allah.
Des compagnons du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) passèrent (jadis) près d’un campement
de bédouins. Le chef de ceux-ci avait été mordu par un serpent et les efforts
déployés pour le guérir étaient restés vains… c’est alors qu’ ils dirent aux
voyageurs :
– Y a-t-il un guérisseur parmi vous ?
– Oui ?
Un d’entre eux récita
la Fatiha sur la victime et celle-ci se releva du coup comme si elle venait
d’être débarrassée d’attaches… Allah l’avait délivré du mal inhérent à la morsure
du serpent…
Le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) a dit : « Il n’y a aucun mal à pratiquer
l’exorcisme, pourvu qu’on évite de tomber dans l’associationnisme (chirk )».
Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) eut recours à l’exorcisme
et le sollicita puisqu’il comporte beaucoup de biens et qu’elle s’est avére
très utile. Si la récitation faite dans ce cadre comprend la Fatiha, le verset
du Trône, les sourates 112, 113 et 114 ou d’autres versets suivis des bonnes
invocations cités dans les hadith du Prophète (bénédiction et salut soient sur
lui) comme ces phrases qu’il employa pour exorciser un malade :
« Allahoumma rabba
an-naas. Adh hib al-bas washfi anta ash-shaafi la-a shifa’a lla shifaa uka,
shifaa un laa yughaadirou suqman ».
= Mon Seigneur !
Maître des gens, efface le mal, guéris car Tu es celui qui guérit ; point
de guérison en dehors de la tienne car elle ne laisse subsister aucun mal ».
Il répéta cette invocation trois fois ou plus.
Il en est de même de ce
hadith du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) selon lequel le Prophète
(PSL) l’avait exorcisé en ces termes :
« Bismi Allahi
arqiika min kulli shayin yu’dhika wa min sharri kulli nafsin aw aynin hassidin.
Allah yashfiika . Bismi allahi arquika »
= « Au nom d’Allah,
je cherche à te débarrasser de tout ce qui te fait mal, de toute mauvaise âme,
de tout œil jaloux. Allah te guérira. C’est au nom d’Allah que je cherche à
te guérir ». Il le dit trois fois.
Voilà une importante formule
d’exorcisation rapportée du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) de
manière sûre. La loi autorise l’emploi de bonnes invocations pour soulager la
victime d’une morsure de serpent et l’envoûté, même si les formules utilisées
ne sont pas rapportées textuellement du Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui), à condition qu’elles ne véhiculent aucun élément de nature à susciter
une appréhension du point de vue religieux. Ceci s’atteste dans la portée générale
de la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Il
n’y a aucun mal à pratiquerl’exorcisme, pourvu d’éviter l’associationnisme (le
chirk) ».
Il se peut qu’Allah guérisse
le malade et l’envoûté et d’autres sans l’exorcisme et sans l’usage d’autres
moyens par l’homme. Car le Transcendant est l’omnipotent dont la parfaite sagesse
se manifeste à travers toute chose. Allah , le Transcendant a dit dans Son saint
livre : «Quand Il veut une chose, Son commandement consiste à dire: "Sois",
et c' est. » (Coran, 36 : 82). Louange et reconnaissance reviennent
au Transcendant pour tout ce qu’Il juge ou décrète. La sagesse parfaite du Puissant
et Majestueux marque toute chose…
Parfois le malade ne guérit pas parce
qu’il a atteint le terme de sa vie et doit mourir des suites de sa maladie.
Les versets relatifs à
la magie peuvent être utilisés dans l’exorcisation après avoir été récités dans
de l’eau .On peut y ajouter la récitation de la sourate Fatiha, du verset du
Trône et des sourates 112, 113 et 114 et déverser l’eau sur la personne suspecte
d’être envoûtée ou retenue contre la cohabitation charnelle avec sa femme ;
il sera guérie avec la permission d’Allah. Si on ajoute à l’eau sept feuilles
du jujubier vert après les avoir transformés en poudre, c’est bien selon ce
que Cheikh Abd Rahman ibn Hassan (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde)
a rapporté dans Fateh al-Madjid (chapitre sur l’enchantement) d’après
certains ulémas.
Il est recommandé de répéter
la récitation desdites sourates trois fois.
Il s’agit d’affirmer que
ces remèdes et d’autres de même nature sont aptes à traiter l’épreuve que constitue
la magie. On les utilise encore pour délivrer celui qui est rendu (sexuellement)
impuissant. On les a souvent expérimentés et Allah les a rendus utiles.
On peut se contenter de
la Fatiha dans le traitement, comme on peut se contenter encore des sourates
112, 113 et 114 pour obtenir la guérison. Ce qui est très important c’est que
le guérisseur et le malade soient animés d’une foi sincère et de la confiance
en Allah et de la conviction qu’Allah, le Transcendant est celui qui gère les
affaires et que ce qu’Il veut se réalise quand Il le veut et que ce qu’Il ne
veut pas n’arrivera pas. Tout est entre les mains du Puissant et Majestueux ;
ce qu’Il veut se réalisera et ce qu’il ne veut pas ne se réalisera pas. Quand
la foi vraie anime le guérisseur et le patient, la maladie disparaît rapidement
avec la permission d’Allah puisque (c’est seul ce cas que) les remèdes matériels
et moraux sont efficaces.
Nous demandons à Allah
de nous assister tous à faire ce qu’Il agrée. Il est proche (de nous) et entend
(tout).
Voir l’ouvrage intitulé : Madjmou’atou Fatawa wa maqalat mutanawwia par Cheikh Ibn Baz ,l p. 70.